Le Maroc occupe le 76e rang mondial sur 161 pays dans l’édition 2026 du Legatum Prosperity Index, publiée en août. Le Royaume se distingue notamment par ses performances en matière de sécurité, de gouvernance et d’environnement des affaires, mais reste confronté à des défis importants dans le développement du capital humain.
Selon le classement, le Maroc se situe au 36e rang mondial pour la sécurité et la sûreté, confirmant son positionnement comme l’un des pays les plus stables de la région. La gouvernance se classe également à un niveau favorable, au 56e rang, tandis que l’environnement des affaires atteint la 54e position.
Le Legatum Prosperity Index évalue les pays à travers 104 indicateurs couvrant notamment l’économie, la gouvernance, la sécurité, la santé, l’éducation, les libertés individuelles et les conditions de vie. L’objectif est ainsi de mesurer la prospérité au-delà des seuls indicateurs économiques.
Une économie dynamique, mais des faiblesses dans le capital humain
Le classement met en évidence un contraste entre les progrès économiques du Maroc et certaines difficultés sociales persistantes.
Le pays bénéficie d’infrastructures en développement, de réseaux de transport modernes et d’une position stratégique qui favorise son intégration aux chaînes de valeur internationales. Les progrès dans la transition énergétique et la modernisation du cadre de l’investissement renforcent également son attractivité auprès des entreprises et des investisseurs.
L’éducation constitue toutefois l’un des principaux points faibles du Royaume. Le Maroc se classe au 122e rang mondial dans ce domaine, notamment en raison des difficultés liées à la qualité des apprentissages et à l’adéquation entre les formations et les besoins du marché du travail.
La santé se situe au 80e rang, tandis que les conditions de vie et les libertés personnelles occupent respectivement les 84e et 86e positions.
Le Maroc parmi les pays les mieux classés d’Afrique du Nord
Malgré ces difficultés, le Maroc conserve une position importante à l’échelle régionale. Il se classe juste derrière la Tunisie, 75e mondiale, et devant l’Algérie, classée 83e.
Cette performance repose notamment sur la stabilité institutionnelle, les investissements dans les infrastructures et l’attractivité croissante du pays pour les investissements directs étrangers.
À l’échelle de la région MENA, le Maroc reste cependant derrière plusieurs économies à revenus élevés, notamment les Émirats arabes unis, 44e, et le Qatar, 46e. Ces pays bénéficient notamment de niveaux de revenus par habitant élevés ainsi que d’investissements importants dans les infrastructures, la santé, l’éducation et les nouvelles technologies.
Les pays les plus prospères au monde
Le classement mondial reste dominé par les économies développées. La Norvège, la Suisse, l’Irlande et le Luxembourg figurent parmi les pays les mieux classés, grâce à leurs performances combinées en matière de richesse, de gouvernance, de qualité de vie et de services publics.
À l’autre extrémité du classement, le Soudan du Sud occupe la 161e et dernière position, derrière notamment la République centrafricaine, le Yémen, la Somalie et le Tchad.
L’innovation, un autre atout pour le Maroc
Le Maroc affiche également des performances encourageantes dans le domaine de l’innovation. Selon un classement cité par The African Exponent, le Royaume occupe la deuxième place en Afrique parmi les pays les plus performants dans la valorisation de leur capital humain et sa transformation en production.
L’Afrique du Sud arrive en tête, tandis que l’Égypte complète le podium. Le Maroc se distingue notamment par son activité dans le design industriel, les brevets, les industries technologiques et les publications scientifiques.
Ces résultats illustrent les progrès réalisés dans les secteurs industriels et technologiques, mais soulignent également l’importance de renforcer davantage les compétences et la formation.
Le capital humain, principal levier de progression
Le classement 2026 montre finalement que les performances économiques et infrastructurelles ne suffisent pas, à elles seules, à garantir une progression durable de la prospérité.
Pour améliorer sa position dans les prochaines éditions, le Maroc devra notamment poursuivre ses efforts dans l’éducation, la santé, les conditions de vie et le développement des compétences.
L’enjeu sera donc de transformer les progrès réalisés en matière de sécurité, d’infrastructures, d’investissement et d’innovation en une amélioration durable du niveau de vie de la population.
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