Disparités territoriales : 210 milliards de dirhams prévus pour réduire les écarts entre les régions

MOHAMED YAZID BENNOUNA24 août 2026Dernière mise à jour :
Disparités territoriales : 210 milliards de dirhams prévus pour réduire les écarts entre les régions

Le Maroc s’apprête à lancer, à partir de 2027, une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré destinée à réduire les disparités entre les régions et à améliorer l’accès des populations aux services de base.

Une enveloppe globale estimée à 210 milliards de dirhams sur huit ans doit accompagner ce chantier, conformément aux orientations royales.

Une gouvernance à plusieurs niveaux

Selon l’économiste Ali Ghanbouri, le financement de ces programmes nécessitera une mobilisation coordonnée du ministère chargé du Budget, des différents départements ministériels et des autorités territoriales.

La gouvernance du dispositif reposera sur plusieurs niveaux. Des comités présidés par les gouverneurs seront chargés de préparer et de suivre les programmes à l’échelle des préfectures et provinces. Les walis assureront ensuite leur consolidation et leur harmonisation au niveau régional.

Un comité national, présidé par le chef du gouvernement, aura pour mission de valider les programmes, d’assurer leur coordination et de contribuer à la mobilisation des financements.

Une concentration persistante de la richesse

Pour Ali Ghanbouri, l’enjeu dépasse toutefois la seule mise en place de nouveaux projets locaux. Le Maroc reste confronté à d’importantes disparités territoriales, alors qu’une part considérable de la richesse nationale demeure concentrée dans quelques régions.

Selon les données du Haut-Commissariat au Plan, les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima représentent à elles seules près de 60% du PIB national.

L’économiste estime donc que les nouveaux programmes devront être étroitement liés aux grands investissements publics afin de produire des effets durables.

Des projets adaptés aux besoins locaux

La nouvelle approche devrait également privilégier une meilleure prise en compte des besoins propres à chaque territoire.

Les priorités pourront notamment concerner les routes, les établissements scolaires, les infrastructures de santé, l’accès à l’eau et les équipements de base, en fonction des diagnostics réalisés localement et des attentes des populations.

Cette méthode vise à rompre avec une logique exclusivement descendante, dans laquelle les projets sont principalement définis au niveau central avant d’être appliqués aux différents territoires.

L’importance des grands investissements

Pour Ali Ghanbouri, les investissements territoriaux ne doivent toutefois pas remplacer les grands projets structurants de l’État. Ils doivent au contraire être conçus en complémentarité avec ces derniers.

Le développement d’infrastructures nationales, notamment dans les domaines du transport, de l’énergie ou des équipements publics, peut en effet renforcer l’impact des projets locaux et favoriser une meilleure intégration économique des territoires.

L’objectif sera ainsi de créer un véritable lien entre les initiatives de proximité et les investissements nationaux afin de réduire progressivement les écarts de développement.

Avec 210 milliards de dirhams mobilisés sur huit ans, le dispositif représente un effort financier important. Son efficacité dépendra néanmoins de la coordination entre les différents niveaux de gouvernance, de la qualité des projets retenus et de leur capacité à répondre aux besoins réels des populations.

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