Royaume-Uni : une première mondiale, une opération du cerveau assistée en direct par l’intelligence artificielle

MOHAMED YAZID BENNOUNA27 août 2026Dernière mise à jour :
Royaume-Uni : une première mondiale, une opération du cerveau assistée en direct par l’intelligence artificielle

Une équipe de neurochirurgiens britannique a réalisé une première mondiale en utilisant une intelligence artificielle en temps réel pendant une opération du cerveau. Le patient, Rhys Hibbert, 48 ans, a pu subir l’ablation d’une tumeur située à proximité de structures essentielles à la vision.

Père de deux enfants et originaire du Bedfordshire, Hibbert souffrait d’une tumeur bénigne de 11 mm développée sur l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. En exerçant une pression sur les nerfs optiques, la tumeur avait progressivement réduit son champ de vision.

Une intervention particulièrement délicate

L’hypophyse se trouve à proximité immédiate des artères carotides, qui alimentent le cerveau en sang, ainsi que des nerfs optiques responsables de la vision.

Les chirurgiens ont retiré la tumeur en passant par le nez à l’aide d’un endoscope, une technique permettant d’atteindre la base du crâne sans ouvrir directement le cerveau.

La difficulté résidait notamment dans la localisation précise des vaisseaux sanguins et des nerfs, dont la position peut varier d’un patient à l’autre.

Dans ce type d’intervention, les chirurgiens doivent également composer avec le risque de ne pas pouvoir retirer entièrement la tumeur ou, plus rarement, de provoquer une lésion d’un vaisseau sanguin majeur.

Une IA capable d’analyser l’opération en direct

C’est à ce stade qu’est intervenue la nouvelle technologie développée par les chercheurs.

Installé sur un second écran, le système d’intelligence artificielle analysait en direct les images transmises par la caméra chirurgicale. Il suivait les instruments utilisés par les médecins et identifiait les zones où pouvaient se trouver des vaisseaux et des nerfs importants.

L’objectif était de fournir aux chirurgiens une sorte de « deuxième paire d’yeux », capable de signaler les structures anatomiques critiques et d’indiquer les zones présentant potentiellement moins de risques.

Le système a été entraîné à partir de centaines de vidéos d’opérations de tumeurs de l’hypophyse. Les chercheurs avaient auparavant identifié manuellement les vaisseaux et les nerfs présents sur ces images afin de permettre à l’IA d’apprendre à les reconnaître.

Les chirurgiens gardent le contrôle

Les médecins insistent toutefois sur un point essentiel : l’intelligence artificielle ne prend aucune décision à leur place.

Elle fournit des indications en temps réel, tandis que les chirurgiens restent responsables de chaque étape de l’intervention et peuvent choisir de suivre ou non les recommandations du système.

Les chercheurs souhaitent désormais développer des outils encore plus avancés, capables de fournir aux chirurgiens une assistance comparable à celle d’un expert supplémentaire présent dans la salle d’opération.

Une récupération encourageante

Pour Rhys Hibbert, l’intervention a déjà transformé son quotidien.

Après l’opération, il a constaté une amélioration rapide de sa vision. Durant les semaines suivantes, son champ visuel a continué à progresser et plusieurs symptômes dont il souffrait auparavant, notamment la fatigue et les vertiges, ont disparu.

« Cela m’a rendu ma vie », a-t-il expliqué après son opération.

Le patient avait accepté de participer à cette première intervention dans le cadre d’un programme de recherche, estimant que les progrès de la médecine nécessitent que des patients acceptent de contribuer à l’expérimentation de nouvelles technologies.

Vers une nouvelle génération de chirurgie assistée par IA

Cette première intervention ouvre une nouvelle piste pour l’utilisation de l’intelligence artificielle en chirurgie.

Après plusieurs années de développement et de tests en laboratoire, l’équipe britannique travaille désormais à l’élargissement de ses recherches à un plus grand nombre de patients.

L’objectif n’est pas de remplacer les chirurgiens, mais de leur fournir des informations supplémentaires au moment où ils en ont le plus besoin. Si les prochaines études confirment la sécurité et l’efficacité de cette technologie, l’IA pourrait progressivement devenir un outil supplémentaire dans les interventions complexes où quelques millimètres peuvent faire la différence.

Loading

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles