À Fès, les cafés deviennent des espaces de débat à l’approche des législatives

MOHAMED YAZID BENNOUNA18 septembre 2026Dernière mise à jour :
À Fès, les cafés deviennent des espaces de débat à l’approche des législatives

À Fès, la campagne électorale pour les élections législatives du 23 septembre 2026 ne se déroule pas seulement dans les permanences des partis, à travers les affiches ou sur les réseaux sociaux. Elle s’invite également dans les cafés de la ville, où les habitants échangent sur les programmes, les candidats et les préoccupations du quotidien.

À quelques jours du scrutin, ces espaces familiers retrouvent leur rôle traditionnel de lieux de discussion et de confrontation des opinions. Autour d’un café, les débats portent principalement sur le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics, la jeunesse et l’avenir de la ville.

Des discussions plus proches du quotidien

Loin des discours préparés pour les meetings, les conversations dans les cafés prennent une forme plus spontanée.

Les smartphones alimentent souvent les échanges, à travers les vidéos ou les publications de candidats qui circulent sur les réseaux sociaux. Mais les discussions reviennent rapidement aux questions concrètes et à la capacité des futurs élus à répondre aux attentes des habitants.

Les programmes électoraux sont ainsi examinés à travers leurs principales propositions, tandis que les promesses sont confrontées aux expériences et aux besoins exprimés au quotidien.

À Mont Fleuri II, l’appel à des engagements concrets

Dans un café du quartier populaire de Mont Fleuri II, Mohamed Kroum, engagé depuis plusieurs années dans le milieu associatif, suit les contenus diffusés sur les réseaux sociaux tout en gardant une approche critique des différentes offres électorales.

Dans un témoignage, il appelle les candidats à rompre avec les promesses sans lendemain et à faire preuve, selon lui, de sincérité et de responsabilité.

Il insiste notamment sur la nécessité de traduire les engagements électoraux en réalisations concrètes après le scrutin et de maintenir un contact régulier avec les citoyens.

Parmi ses principales attentes figurent le renforcement de la santé, de la justice, de l’éducation et de la politique sociale, avec une attention particulière portée aux catégories défavorisées.

La jeunesse occupe également une place importante dans ses préoccupations. Il appelle notamment à renforcer son accès à l’éducation, à l’emploi et aux projets de développement, tout en ouvrant davantage les structures politiques aux jeunes.

Le renouvellement des compétences au centre des préoccupations

Dans un autre café, Abdelouafi Tounssi insiste davantage sur la question des compétences et de la capacité à gérer les affaires publiques.

Pour lui, l’enjeu consiste notamment à permettre l’émergence de profils capables d’agir efficacement aux niveaux local, régional et national.

Il défend également le renouvellement des élites et une participation accrue des jeunes et des compétences susceptibles de contribuer à l’investissement et à la création d’emplois.

Son attention se porte aussi sur les territoires ruraux, dont le développement est, selon lui, étroitement lié à celui des villes.

Il appelle ainsi à renforcer les infrastructures, l’éducation, la santé, le logement et l’investissement agricole dans les campagnes afin de limiter l’exode rural.

Une ville plus propre, plus sûre et mieux équipée

Dans un café du centre-ville, Ali Sfira, musicien, met pour sa part l’accent sur l’amélioration du cadre de vie.

Il souhaite notamment voir émerger une ville plus propre et plus sûre, avec davantage d’espaces de promenade et de loisirs ainsi que des services de santé répondant davantage aux besoins de la population.

Ses préoccupations concernent également le monde rural. Il plaide pour le développement d’équipements tels que les écoles, bibliothèques et terrains de sport, afin de rapprocher les services des habitants.

La jeunesse, un sujet transversal

Dans les différents témoignages recueillis, la jeunesse apparaît comme une préoccupation récurrente.

Ali Sfira souligne notamment le potentiel des jeunes dans des domaines aussi variés que le sport, la culture et les sciences. Il appelle à leur accorder davantage d’espace et de responsabilités dans les projets de développement.

Cette attente rejoint les préoccupations exprimées par Mohamed Kroum et Abdelouafi Tounssi autour de l’emploi, de la formation, du renouvellement des générations et de la participation des jeunes à la vie publique.

Les cafés comme reflet des préoccupations locales

À mesure que le scrutin du 23 septembre approche, les échanges dans les cafés de Fès font ressortir plusieurs préoccupations communes : emploi, qualité des services publics, pouvoir d’achat, jeunesse, développement territorial et proximité des élus.

Ces discussions ne constituent pas à elles seules une mesure de l’opinion électorale, mais elles témoignent de certaines attentes exprimées par des habitants dans leur environnement quotidien.

À Fès, les cafés restent ainsi des espaces où la campagne électorale est discutée à partir des réalités locales, avant que les électeurs ne se rendent aux urnes pour exprimer leur choix.

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