Des experts des domaines médical, juridique et religieux appellent à renforcer la sensibilisation du public et à promouvoir une culture de solidarité afin d’offrir aux patients une nouvelle chance de vivre.
La Faculté de médecine et de pharmacie d’Oujda a accueilli, mardi soir, une rencontre scientifique et de sensibilisation consacrée au thème « Don et transplantation d’organes : défis et perspectives », à l’occasion de la Journée mondiale du don et de la transplantation d’organes.
Cette initiative vise à sensibiliser le public à l’importance de cet acte humanitaire et à mettre en lumière les défis médicaux, juridiques et sociétaux liés à cette pratique.
La rencontre a également permis de souligner le rôle essentiel du don d’organes dans le sauvetage de patients atteints de maladies graves et dans l’amélioration de leur qualité de vie. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les établissements de santé, les instances religieuses et juridiques ainsi que les associations de la société civile afin d’élargir la sensibilisation à cette pratique médicale.
La transplantation d’organes, un espoir face aux maladies graves
Les intervenants ont rappelé que la transplantation d’organes constitue une option thérapeutique essentielle pour plusieurs pathologies complexes, notamment l’insuffisance rénale chronique à un stade avancé. Elle peut contribuer à améliorer considérablement la qualité de vie des patients et à réduire leurs souffrances.
Ils ont également mis l’accent sur la dimension humaine et solidaire du don d’organes, considéré comme un acte de générosité qui traduit les valeurs d’entraide et de responsabilité collective, tout en redonnant espoir aux patients en attente d’une greffe.
Les discussions ont également porté sur les aspects religieux de cette question. Les participants ont souligné qu’il n’existe pas d’interdiction religieuse absolue au don d’organes, sous réserve du respect des règles religieuses et des principes éthiques encadrant cette pratique.
Le Maroc renforce ses capacités médicales et son cadre juridique
La rencontre a mis en évidence les progrès réalisés par le Maroc dans le domaine de la transplantation d’organes, grâce au développement d’infrastructures sanitaires spécialisées, à la modernisation des équipements et à la mobilisation de compétences médicales qualifiées, ainsi qu’à l’existence d’un cadre juridique régissant le don, le prélèvement et la transplantation d’organes.
À cet égard, Intissar Hadia, professeure à la Faculté de médecine et de pharmacie d’Oujda et spécialiste en néphrologie, a expliqué que cette rencontre réunit des professionnels de santé ainsi que des experts des domaines religieux et juridique, afin d’aborder une question qui mobilise à la fois des considérations médicales, humaines et législatives.
Elle a ajouté que les avancées enregistrées à l’échelle nationale doivent s’accompagner d’efforts continus, notamment par l’intensification des campagnes d’information et de sensibilisation, afin d’encourager davantage de citoyens à envisager le don d’organes en toute connaissance de cause.
De son côté, Youssef Allali, enseignant-chercheur en droit privé à la Faculté des sciences juridiques et politiques de Taza, a rappelé que le Maroc dispose d’un cadre législatif encadrant ces opérations, notamment la loi n° 16.98 relative au don, au prélèvement et à la transplantation d’organes et de tissus humains.
Il a précisé que ce dispositif définit les principes juridiques, éthiques et scientifiques applicables à ce domaine. De telles rencontres permettent également d’examiner les difficultés pratiques liées à l’articulation entre les nécessités médicales et les exigences légales.
Les institutions religieuses, partenaires de la sensibilisation
Pour sa part, Mohamed El Mesleh, président du Conseil local des oulémas d’Oujda, a appelé à intensifier les efforts visant à faire connaître l’importance du don d’organes, qu’il a qualifié de « don de vie », en raison de sa portée humaine et solidaire.
Il a souligné la contribution du Conseil local des oulémas aux initiatives de sensibilisation destinées à encourager les citoyens à s’engager dans cet acte généreux. Cette mobilisation vise à consolider les valeurs de solidarité et à offrir aux patients nécessitant une transplantation l’espoir de retrouver la santé et d’améliorer leurs conditions de vie.
Une mobilisation collective pour ancrer la culture du don
Cette rencontre a été organisée à l’initiative de la Fédération de développement des associations de lutte contre l’insuffisance rénale de la région de l’Oriental et de l’Association de soutien aux patients atteints d’insuffisance rénale d’Oujda, en partenariat avec la Faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire, le service de néphrologie du Centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Oujda, ainsi que d’autres partenaires.
Cette initiative souligne l’importance de poursuivre la coopération entre les institutions sanitaires et universitaires, les instances religieuses et juridiques ainsi que les associations, afin de surmonter les obstacles liés à la sensibilisation au don d’organes et de renforcer la confiance dans les procédures qui l’encadrent.
Plus les citoyens seront informés de l’importance du don d’organes et des règles qui le régissent, plus les possibilités de sauver des vies pourront se développer. La solidarité collective constitue ainsi un levier essentiel pour soutenir les patients et accompagner leurs familles face aux maladies chroniques et graves.
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