L’inaction climatique provoque des millions de morts chaque année (OMS)

El azhar Bennouna Sanaa29 octobre 2025Dernière mise à jour :
L’inaction climatique provoque des millions de morts chaque année (OMS)

 

Le réchauffement climatique n’est plus une menace future : il frappe déjà la santé humaine, l’économie mondiale et la sécurité alimentaire, selon le rapport 2025 de l’OMS et du Lancet Countdown.

Les chiffres sont glaçants. Selon le dernier rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Lancet Countdown, l’inaction climatique provoque déjà des millions de morts chaque année. Vagues de chaleur meurtrières, insécurité alimentaire grandissante, effondrement des rendements agricoles et pertes économiques colossales : les effets du dérèglement climatique se traduisent désormais en vies humaines perdues. L’OMS appelle à placer la santé au cœur de la lutte contre le réchauffement, rappelant que chaque degré gagné se paie en vies humaines.


Le climat, nouvelle urgence sanitaire mondiale

Ce n’est plus une simple menace environnementale : la crise climatique est devenue, selon l’OMS, la plus grande menace sanitaire du XXIe siècle. La dépendance continue aux énergies fossiles et l’absence d’adaptation des systèmes de santé aggravent la vulnérabilité de milliards de personnes.
Depuis les années 1990, la mortalité liée à la chaleur a augmenté de près de 25 %, touchant aujourd’hui plus d’un demi-million de personnes chaque année. En 2024, chaque individu a été exposé en moyenne à 16 jours de chaleur jugée dangereuse — un niveau qui n’aurait jamais été atteint sans le réchauffement climatique.


Des conséquences humaines et économiques dramatiques

Les bouleversements climatiques fragilisent les sociétés. Sécheresses prolongées, canicules extrêmes et inondations ont plongé 124 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire.
Les coûts économiques sont vertigineux : en 2023, 640 milliards d’heures de travail ont été perdues à cause des températures extrêmes, l’équivalent de 1.090 milliards de dollars de pertes mondiales.
Pourtant, les subventions aux combustibles fossiles continuent d’augmenter, atteignant 956 milliards de dollars, soit trois fois plus que les promesses d’aide climatique destinées aux pays vulnérables. Quinze États consacrent encore davantage de fonds au pétrole et au gaz qu’à leurs systèmes de santé publique.


« Agir pour le climat, c’est protéger la santé »

Pour l’OMS, la conclusion est sans appel : la crise climatique est avant tout une crise de santé publique.
Chaque fraction de degré supplémentaire aggrave le bilan humain, mais l’organisation souligne qu’un changement de cap est encore possible. Les énergies renouvelables représentent désormais 12 % de la production mondiale d’électricité et génèrent 16 millions d’emplois, tandis que le secteur de la santé a réduit ses émissions de 16 % entre 2021 et 2022.


Une COP30 sous le signe de la santé

À l’approche de la COP30, prévue à Belém, au Brésil, l’OMS entend replacer la santé au centre des négociations climatiques. L’organisation prépare un rapport spécial invitant les gouvernements à investir dans des politiques fondées sur la résilience, l’équité et la durabilité.
Car derrière les chiffres, il s’agit avant tout d’un enjeu humain : préserver la santé, c’est protéger la vie — et le climat en est aujourd’hui l’une des clés les plus vitales.

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