Six civils cambodgiens et un soldat thaïlandais parmi les victimes alors que la région replonge dans la violence
Le regain de violence à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge a fait au moins sept morts depuis dimanche soir, selon les autorités des deux pays. Malgré un accord récent de cessez-le-feu, les échanges de tirs se sont multipliés, ravivant les tensions dans une zone historiquement sensible.
Un nouvel épisode tragique dans un conflit latent
Les autorités cambodgiennes ont confirmé que deux civils ont été tués peu après minuit, dans la province de Banteay Meanchey, lorsque l’armée thaïlandaise aurait ouvert le feu près de la route nationale n°56.
Ces décès s’ajoutent à quatre autres civils cambodgiens tués lundi, portant le bilan à six victimes civiles en moins de 48 heures.
Du côté thaïlandais, l’armée a annoncé la mort d’un soldat et la blessure de 18 autres militaires depuis la reprise des affrontements.
Accusations mutuelles et cessez-le-feu fragilisé
Les deux gouvernements se rejettent la responsabilité de cette escalade, qui survient moins de deux mois après la conclusion d’un accord de cessez-le-feu censé mettre fin à des années de tensions frontalières.
Bangkok avait suspendu cet accord en novembre, après l’explosion d’une mine ayant blessé quatre soldats thaïlandais.
La Thaïlande accuse désormais le Cambodge d’avoir posé de nouvelles mines dans la zone, une accusation que Phnom Penh rejette fermement, affirmant qu’il s’agit d’engins explosifs anciens, vestiges de conflits antérieurs.
Une inquiétude régionale et internationale croissante
Face à ces événements, les réactions diplomatiques se multiplient.
Anwar Ibrahim, président en exercice de l’ASEAN, a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé les deux parties à faire preuve de « la plus grande retenue ».
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a également exhorté les deux voisins à éviter toute escalade supplémentaire. Par la voix de son porte-parole, il a appelé au respect du cadre établi par la Déclaration de Kuala Lumpur, considérée comme un fondement essentiel pour stabiliser la frontière.
Une situation à haut risque pour la région
La reprise des hostilités entre la Thaïlande et le Cambodge intervient dans un contexte régional où les tensions géopolitiques demeurent vives.
Les experts avertissent que, sans engagement politique fort et mécanismes de médiation efficaces, la zone frontalière pourrait replonger dans un cycle de violences difficile à contenir.
Pour les populations locales, ces affrontements rappellent la fragilité d’une stabilité souvent menacée et l’urgence de solutions durables pour garantir la sécurité des civils.
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