Barrages : une amélioration encourageante des réserves en eau, mais la vigilance reste de mise

El azhar Bennouna Sanaa19 décembre 2025Dernière mise à jour :
Barrages : une amélioration encourageante des réserves en eau, mais la vigilance reste de mise

Le taux de remplissage progresse à près de 33 %, dans un contexte hydrique encore marqué par le déficit


Après plusieurs années de stress hydrique aigu, les barrages du Royaume enregistrent une amélioration progressive de leurs réserves. Entre le 12 et le 18 décembre, le taux de remplissage a connu une hausse notable, portée par de récentes précipitations. Si cette évolution est encourageante, elle ne suffit pas encore à dissiper les inquiétudes liées à la persistance du déficit hydrique.


Une hausse mesurée mais significative des réserves

Selon les données communiquées jeudi par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, le taux de remplissage des barrages est passé de 31,1 % à 32,97 % en l’espace de six jours. Les réserves d’eau dépassent désormais 5,5 milliards de mètres cubes à l’échelle nationale.

Cette progression, bien que modeste en apparence, constitue un signal positif dans un contexte marqué par une forte pression sur les ressources hydriques. Elle place également le niveau actuel au-dessus de celui enregistré à la même période de l’année précédente, où le taux de remplissage n’atteignait que 28,7 %.


Des apports encore loin des besoins structurels

Sur la période allant du 1er septembre au 18 décembre, les retenues d’eau dans les barrages ont atteint 768 millions de mètres cubes. Parmi ces apports, 346 millions de mètres cubes ont été enregistrés durant les six derniers jours, traduisant l’impact immédiat des récentes pluies.

Cependant, ces chiffres demeurent en deçà des niveaux attendus. Le déficit des retenues est estimé à environ 68 % par rapport au taux annuel moyen, illustrant l’ampleur du retard accumulé au fil des saisons sèches successives.


Des précipitations en léger mieux, mais toujours déficitaires

Sur le plan pluviométrique, le Maroc a enregistré, sur la même période, un cumul de 51 millimètres de précipitations. Ce volume reste inférieur de 27 % à la moyenne normale, confirmant la persistance d’un déficit structurel.

Toutefois, une légère amélioration est à noter par rapport à l’année précédente, avec une hausse de 3 %. Un signal fragile, mais qui suggère une possible inflexion de la tendance si les conditions climatiques se maintiennent au cours des prochains mois.


Entre espoir prudent et nécessité de réformes durables

Cette amélioration du taux de remplissage offre un répit bienvenu, sans pour autant modifier fondamentalement la donne hydrique du Royaume. Les autorités restent confrontées à un double défi : gérer l’urgence à court terme tout en accélérant les réformes structurelles liées à la gestion de l’eau.

Dessalement, réutilisation des eaux usées, rationalisation de l’irrigation agricole et sensibilisation à l’économie de l’eau demeurent des leviers essentiels. Dans ce contexte, chaque épisode pluvieux est accueilli comme une opportunité, mais la résilience hydrique du Maroc dépendra avant tout de politiques durables et coordonnées.

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