Les États-Unis haussent le ton diplomatique sur le dossier du Sahara occidental. Washington accueille une nouvelle série de consultations de haut niveau réunissant le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario, la Mauritanie et les Nations unies, dans l’objectif affiché d’accélérer la recherche d’un compromis durable.
Après une première phase de discussions organisée à Madrid, la capitale américaine devient désormais le centre névralgique d’une médiation que l’administration du président Donald Trump semble vouloir intensifier.
Une médiation élargie autour des principaux acteurs
Autour de la table : des représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario, ainsi que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, et l’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos.
Cette configuration marque une volonté claire d’inclure toutes les parties concernées dans un cadre structuré, sous supervision américaine, afin de dépasser un blocage diplomatique qui perdure depuis près de cinquante ans, depuis la fin de la présence coloniale espagnole dans le territoire.
De Madrid à Washington : un changement de rythme
Les échanges précédents, tenus à Madrid sous l’égide de l’ambassade américaine, avaient permis d’identifier un point central de discussion : le plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Ce plan, défendu par Rabat comme solution politique réaliste et durable, prévoit une large autonomie du territoire sous souveraineté marocaine. Selon plusieurs sources diplomatiques, il aurait été accepté comme document technique de référence lors des discussions.
La participation du Front Polisario — soutenu par l’Algérie et traditionnellement attaché à l’option d’un référendum d’autodétermination — à ces discussions a été perçue comme un signal d’ouverture, même si les positions de fond restent éloignées.
Une diplomatie américaine plus active
L’initiative actuelle s’inscrit dans une volonté plus large des États-Unis de peser davantage sur les dossiers stratégiques au Maghreb et en Afrique du Nord.
En relançant les discussions à Washington, l’administration américaine cherche non seulement à favoriser une solution négociée, mais aussi à stabiliser une région marquée par des rivalités persistantes.
Vers une fenêtre d’opportunité ?
Si la percée décisive n’a pas encore été annoncée, la multiplication des contacts et l’implication directe de Washington traduisent une dynamique nouvelle.
Après des décennies d’impasse, le dossier saharien pourrait entrer dans une phase de redéfinition diplomatique. Le chemin vers un accord demeure proche , du fait que toutes les parties acceptent de se retrouver autour d’une même table constitue, en soi, un signal significatif.




