Une vision africaine au cœur de la stratégie spatiale marocaine
La coopération africaine s’impose comme un axe central de la stratégie marocaine dans le domaine spatial. C’est le message porté mercredi à Vienne par l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies, Azzeddine Farhane, lors d’une réunion consacrée au droit et à l’usage pacifique de l’espace.
Dans un contexte où les technologies spatiales deviennent des outils clés de développement, le Maroc affirme une orientation claire : inscrire son action dans une dynamique continentale, fondée sur le partage des compétences et le renforcement des capacités africaines.
Le savoir spatial comme levier de développement partagé
Au cœur de cette stratégie figure le Centre régional africain des sciences et technologies de l’espace en langue française (CRASTE-LF), basé à Rabat et affilié aux Nations unies.
Ce centre joue un rôle majeur dans la formation de jeunes chercheurs africains. Depuis plusieurs années, il accueille des étudiants venus de nombreux pays du continent, notamment dans des disciplines stratégiques comme :
- la télédétection et les systèmes d’information géographique
- la météorologie satellitaire
- l’analyse climatique globale
- les systèmes de navigation par satellite
En 2025, environ cinquante étudiants issus d’une dizaine de pays africains ont ainsi bénéficié de ces programmes, illustrant une volonté de diffuser un savoir technologique à l’échelle régionale.
Une ambition : une Afrique actrice de l’espace
Pour le diplomate marocain, l’enjeu dépasse la simple formation. Il s’agit de permettre aux pays africains de disposer d’outils spatiaux capables d’accompagner leurs politiques publiques : gestion des ressources naturelles, prévention des catastrophes ou encore développement territorial.
Dans cette perspective, le Maroc développe également des plateformes de formation en ligne, afin de rendre ces connaissances accessibles au plus grand nombre sur le continent.
Un engagement en faveur d’un espace pacifique et encadré
Le Maroc réaffirme par ailleurs son attachement au droit international de l’espace, notamment au Traité de 1967, qui consacre l’usage pacifique de l’espace extra-atmosphérique et interdit toute appropriation.
L’ambassadeur a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de garantir une utilisation responsable et durable de l’espace, dans un contexte marqué par la multiplication des acteurs et des enjeux technologiques.
Une présence marocaine de plus en plus visible dans l’espace
Le Royaume consolide également sa présence technique et institutionnelle dans ce domaine. Plusieurs satellites marocains ont été enregistrés auprès des instances internationales compétentes, renforçant la transparence et la conformité du pays aux normes juridiques spatiales.
Parallèlement, le Maroc poursuit le développement de ses capacités scientifiques et technologiques, notamment à travers des programmes nationaux de recherche et des projets de nanosatellites.
Une gouvernance spatiale tournée vers l’avenir
Au-delà des aspects techniques, la vision marocaine met l’accent sur une gouvernance inclusive de l’espace, intégrant les pays en développement et favorisant une utilisation équitable des technologies orbitales.
Le Royaume appelle ainsi à multiplier les initiatives internationales, à renforcer les cadres juridiques existants et à encourager une coopération plus structurée entre États, institutions et agences spatiales.
À travers cette approche, le Maroc affirme une ambition claire : faire de l’espace non pas un espace de compétition, mais un levier de développement partagé, de stabilité et de progrès scientifique, avec l’Afrique comme partenaire central de cette trajectoire.




