Face à un manque critique de spécialistes, 158 médecins légistes en cours de qualification
Le Maroc fait face à un défi majeur dans le domaine de la médecine légale, un secteur essentiel au bon fonctionnement de la justice pénale. Aujourd’hui, seuls 24 médecins légistes spécialisés assurent la couverture de l’ensemble du territoire national, un chiffre largement insuffisant au regard des besoins croissants du système judiciaire.
Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a reconnu ce déficit important lors d’une réponse à une question parlementaire, annonçant qu’un plan ambitieux est actuellement en cours pour former et qualifier 158 médecins légistes supplémentaires.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme stratégique du système de justice pénale, avec pour objectif de renforcer l’efficacité des enquêtes, la qualité des expertises judiciaires et la protection des droits des citoyens.
La médecine légale, un pilier souvent invisible de la justice
Souvent méconnue du grand public, la médecine légale joue pourtant un rôle fondamental dans la recherche de la vérité judiciaire. Elle intervient dans l’analyse des causes de décès, les expertises médico-judiciaires, les enquêtes criminelles, les violences physiques ou encore les affaires liées aux accidents et aux responsabilités pénales.
Le manque de spécialistes peut ralentir les procédures, compliquer les investigations et fragiliser l’accès à une justice rapide et équitable.
Renforcer cette discipline revient donc à consolider tout l’édifice judiciaire, en garantissant des expertises plus fiables, plus rapides et mieux réparties sur l’ensemble du territoire.
Une réforme structurelle au service de la justice pénale
Le plan annoncé vise non seulement à augmenter le nombre de professionnels qualifiés, mais aussi à moderniser l’approche institutionnelle de la médecine légale au Maroc.
Former 158 médecins représente un investissement important dans les ressources humaines, mais aussi une réponse concrète à une réalité longtemps signalée par les acteurs du secteur.
Cette démarche reflète une volonté plus large de réforme de la justice pénale, où l’expertise scientifique devient un levier central pour améliorer la transparence, la rigueur des procédures et la confiance des citoyens dans les institutions.
Une justice plus proche des besoins réels
Dans un pays en pleine modernisation de ses structures judiciaires, la question de la médecine légale dépasse le simple cadre technique. Elle touche directement à la dignité des victimes, au respect des droits fondamentaux et à l’efficacité des décisions de justice.
Réduire ce déficit, c’est aussi garantir que chaque dossier bénéficie du niveau d’expertise nécessaire, sans retards excessifs ni inégalités territoriales.
Le chantier reste important, mais cette annonce marque une étape significative vers une justice plus solide, plus humaine et mieux préparée aux exigences contemporaines.
Former aujourd’hui pour mieux juger demain
La réforme de la médecine légale rappelle une vérité simple : la justice ne repose pas uniquement sur les lois, mais aussi sur les compétences humaines capables de les faire vivre.
En investissant dans la formation de nouveaux médecins légistes, le Maroc envoie un signal fort : celui d’une justice qui se construit sur la compétence, la responsabilité et l’équité.




