La cour d’appel de Paris rendra, mardi 7 juillet, sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN), un jugement particulièrement attendu qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir politique de Marine Le Pen, à moins d’un an de l’ouverture de la campagne présidentielle française.
L’ancienne présidente du Rassemblement national (RN) avait été condamnée en première instance, le 31 mars 2025, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, une amende de 100 000 euros ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cette dernière sanction l’avait immédiatement empêchée de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle de 2027, en attendant l’issue de son appel.
Les juges avaient estimé que Marine Le Pen occupait un rôle central dans un système visant à détourner les fonds alloués par le Parlement européen au financement des assistants parlementaires, afin de financer les activités du parti entre 2009 et 2016.
Lors du procès en appel, le parquet général a largement confirmé l’analyse retenue en première instance. Il a requis une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, assortie d’une amende de 100 000 euros et d’une peine d’inéligibilité.
Plusieurs scénarios restent désormais envisageables. La cour d’appel pourrait confirmer intégralement la condamnation prononcée en première instance, réduire certaines peines, voire prononcer une relaxe totale ou partielle si elle estime que les éléments de preuve sont insuffisants.
La question de l’inéligibilité constitue l’enjeu principal de cette décision. Si cette peine est maintenue avec exécution immédiate, Marine Le Pen verrait ses ambitions présidentielles pour 2027 fortement compromises. À l’inverse, une suppression ou une suspension de cette mesure lui permettrait de rester candidate jusqu’à une éventuelle décision de la Cour de cassation.
Au-delà du volet judiciaire, ce verdict pourrait profondément influencer le paysage politique français. Une confirmation de la condamnation obligerait le Rassemblement national à accélérer la préparation d’une alternative, alors que le président du parti, Jordan Bardella, apparaît déjà comme le successeur naturel de Marine Le Pen.
Très attendue par la classe politique comme par l’opinion publique, la décision de la cour d’appel pourrait ainsi redessiner les rapports de force à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 et ouvrir une nouvelle étape dans l’une des affaires politico-judiciaires les plus marquantes de ces dernières années.
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