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Le Maroc, à l’instar de plusieurs pays dans le monde, connaît une baisse continue de la fécondité. Mais contrairement à une idée reçue, ce phénomène ne résulte pas d’un rejet de la parentalité. Il s’agit plutôt d’un renoncement contraint. C’est ce que met en lumière le Rapport 2025 sur l’état de la population mondiale, présenté à Rabat à l’occasion de la Journée mondiale de la population, par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Haut-Commissariat au Plan (HCP)
Intitulé «La véritable crise de la fécondité : la quête du libre arbitre en matière de procréation dans un monde en mutation», le rapport repose sur des enquêtes menées dans 14 pays, dont le Maroc. Il révèle un chiffre alarmant : un tiers des Marocains déclarent ne pas avoir eu le nombre d’enfants souhaité, et parmi eux, près de la moitié citent des raisons financières comme principal obstacle
Cette réalité soulève une question de fond : fonder une famille est-il encore un choix librement consenti au Maroc ? La réponse semble de plus en plus négative pour de nombreux citoyens confrontés à la précarité économique, au coût élevé de la vie, à l’instabilité professionnelle et à l’absence de politiques sociales soutenant la parentalité
Une crise silencieuse aux implications majeures
Au-delà des statistiques, cette tendance traduit une crise du libre arbitre en matière de procréation. L’envie d’enfants est bien présente, mais l’impossibilité matérielle de la concrétiser pousse de nombreux couples à repousser ou à abandonner leur projet familial. Le rapport souligne que cette crise est plus aiguë chez les jeunes, les femmes actives et les classes moyennes, particulièrement touchées par le coût de l’éducation, du logement, ou encore l’insuffisance des structures de garde
Un appel à repenser les politiques publiques
Pour l’UNFPA et le HCP, il est urgent de réformer les politiques sociales et économiques afin que la parentalité redevienne un choix, et non un luxe. Cela implique de repenser les congés parentaux, les aides à la petite enfance, l’accès au logement, les politiques d’emploi et de soutien aux familles
À défaut, le Maroc risque de voir s’installer durablement un déséquilibre démographique couplé à un déficit de projection dans l’avenir, affectant non seulement les dynamiques familiales, mais aussi les perspectives économiques et sociales du pays











