Washington – Le San Francisco Chronicle a consacré un article au développement de la ligne à grande vitesse (LGV) au Maroc, mettant en avant les performances technologiques et les prouesses d’ingénierie du train Al Boraq, présenté comme le premier et unique train à grande vitesse d’Afrique.
Le quotidien américain souligne qu’Al Boraq, exploité par l’Office national des chemins de fer (ONCF), permet désormais de relier Casablanca à Tanger en seulement 2 heures et 17 minutes, contre près de cinq heures avant la mise en service de la LGV en 2018.
L’auteur de l’article, Joe Mathews, s’est lui-même rendu au Maroc et a emprunté cette ligne ferroviaire. Il relève notamment la forte popularité d’Al Boraq auprès des voyageurs et estime que la ligne marocaine figure parmi les projets de trains à grande vitesse construits à l’un des coûts les plus bas au monde.
Un projet d’envergure salué aux États-Unis
Le journal américain établit également une comparaison avec le projet de train à grande vitesse en Californie, qui rencontre encore des difficultés pour mettre en service une liaison permettant de relier efficacement le nord et le sud de l’État.
À l’inverse, le Maroc a déjà réussi à construire et exploiter une ligne de 323 kilomètres, malgré les contraintes liées à la traversée de plaines inondables. Le projet a nécessité la réalisation de 286 ouvrages d’art et 13 viaducs, dont le spectaculaire viaduc d’El Hachef, long de 3,5 kilomètres au sud de Tanger.
Pour Joe Mathews, la réussite marocaine repose notamment sur les partenariats internationaux, une conception structurelle relativement simple et une forte volonté politique.
Le San Francisco Chronicle met ainsi en avant la coopération avec la SNCF et le groupe Alstom, qui ont contribué à apporter leur expertise aux équipes marocaines dans les différentes étapes du projet.
Le Maroc a également fait le choix de s’appuyer sur quatre gares existantes pour sa première ligne à grande vitesse, plutôt que de construire de nouvelles infrastructures ferroviaires entièrement dédiées.
Une ambition de 1.500 kilomètres à l’horizon 2030
La ligne Tanger-Casablanca ne constitue toutefois que la première étape d’un projet beaucoup plus vaste. Le quotidien américain rappelle que le Maroc ambitionne de développer un réseau à grande vitesse d’environ 1.500 kilomètres à l’horizon 2030, année durant laquelle le Royaume coorganisera la Coupe du monde de football avec l’Espagne et le Portugal.
Plusieurs projets sont déjà en cours, notamment une ligne dédiée à la grande vitesse entre Rabat et Kénitra, le développement d’un réseau de RER à Casablanca, ainsi qu’une nouvelle liaison à grande vitesse reliant Casablanca à Marrakech puis à Agadir.
Cette extension doit permettre d’améliorer davantage la connectivité entre les principales villes marocaines et d’accompagner le développement économique et touristique du Royaume.
Le journal relève enfin que la distance entre Tanger et Agadir est comparable à celle séparant San Francisco de San Diego, illustrant l’ampleur du réseau ferroviaire que le Maroc entend progressivement mettre en place.
À travers son analyse, le San Francisco Chronicle met ainsi en lumière une expérience marocaine devenue une référence dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire, tout en soulignant les ambitions du Royaume pour poursuivre la modernisation de ses infrastructures de transport.
![]()




