Le rejet catégorique par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu du nouveau plan américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza pourrait encore évoluer. Alors que Washington n’a pas officiellement réagi à cette prise de position, plusieurs indices laissent penser que les discussions autour de la feuille de route proposée par Donald Trump se poursuivent en coulisses.
Netanyahu a annoncé dimanche devant son gouvernement qu’Israël n’acceptait pas le document en 15 points élaboré dans le cadre du « Board of Peace », notamment parce qu’il prévoit le désarmement complet du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones de la bande de Gaza.
Le Premier ministre israélien a insisté sur le fait qu’aucun retrait de l’armée israélienne ne devrait intervenir avant un désarmement qu’il considère comme total et vérifiable. Il a toutefois parallèlement qualifié Donald Trump de « plus grand ami » d’Israël à la Maison Blanche, laissant ouverte la possibilité d’une poursuite des négociations.
Washington semble privilégier la négociation
Selon plusieurs informations rapportées par les médias israéliens, l’administration américaine ne considérerait pas nécessairement la déclaration de Netanyahu comme le dernier mot sur le dossier. Sa position pourrait notamment être influencée par le contexte politique intérieur israélien, alors que des élections législatives sont prévues le 27 octobre.
Le chef du gouvernement israélien doit en effet composer avec une opinion publique largement méfiante à l’égard du Hamas et avec les forces politiques de droite qui s’opposent à toute concession susceptible de permettre au mouvement palestinien de conserver une capacité militaire.
Dans le même temps, Washington souhaite obtenir des avancées concrètes sur son initiative de paix. Le président Donald Trump est lui-même confronté à une année politique délicate aux États-Unis, avec les élections de mi-mandat prévues en novembre.
Une feuille de route basée sur un désarmement progressif
Le plan américain prévoit une mise en œuvre par étapes. Les armes du Hamas et des autres groupes armés palestiniens devraient être désactivées, stockées puis rendues inutilisables sous la supervision d’une nouvelle administration palestinienne à Gaza.
En contrepartie, les forces israéliennes devraient progressivement se retirer de certaines parties du territoire. Une Force internationale de stabilisation (ISF), composée de soldats de plusieurs pays, doit également être déployée afin de contribuer à la sécurité de Gaza aux côtés d’une nouvelle force de police palestinienne.
La construction d’une première base de l’ISF à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, resterait prévue pour la fin du mois, selon des informations rapportées par la radio publique israélienne Kan.
Le Hamas maintient son engagement
De son côté, le Hamas a indiqué qu’il restait attaché à la feuille de route soutenue par les États-Unis, tout en conditionnant sa mise en œuvre au respect réciproque des engagements par Israël.
Le mouvement palestinien appelle désormais les médiateurs et le « Board of Peace » à faire pression sur Israël afin que les termes convenus soient appliqués.
Nickolay Mladenov, Haut-Commissaire pour Gaza et figure centrale des négociations, a pour sa part tenté de rassurer l’opinion israélienne. Il a expliqué que le dispositif reposait moins sur la confiance que sur un système de vérification permettant de contrôler progressivement le désarmement des groupes armés.
Selon cette logique, un retrait israélien pourrait intervenir au fur et à mesure que le désarmement serait effectivement constaté.
Un accord encore confronté à de nombreux obstacles
Le principal point de blocage reste la question du désarmement du Hamas. En Israël, une partie importante de la classe politique estime que le mouvement palestinien pourrait ne pas respecter ses engagements et cherche à empêcher toute situation dans laquelle le Hamas conserverait une capacité militaire ou politique significative à Gaza.
Pour Netanyahu, toute concession doit donc être compatible avec l’objectif affiché de garantir durablement la sécurité d’Israël.
Dans ce contexte, le rejet annoncé dimanche pourrait davantage constituer une position de négociation qu’une rupture définitive. Les discussions entre Israël et les États-Unis se poursuivent, tandis que Washington devrait continuer à exercer une pression importante pour obtenir des avancées.
L’avenir du plan dépendra ainsi de la capacité des médiateurs à rapprocher des positions encore profondément divergentes : Israël exige un désarmement complet avant tout retrait, tandis que le Hamas conditionne son engagement au respect des obligations par les deux parties.
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