Le gouvernement français a annoncé mardi un renforcement immédiat et durable des dispositifs de cybersécurité de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), après trois cyberattaques ayant entraîné plusieurs fuites de données fiscales, cadastrales et liées aux successions.
La première fuite concerne au moins 678.000 particuliers et professionnels, dont environ 350.000 contribuables, avec le vol de données fiscales. Une deuxième cyberattaque a permis de récupérer des données cadastrales, tandis qu’une troisième intrusion concerne des informations relatives aux successions.
Lors d’une conférence de presse, le ministre français chargé de la Fonction publique et de la Transformation de l’action publique, David Amiel, a reconnu des faiblesses dans les systèmes d’information de l’administration et présenté un plan d’action axé notamment sur la sécurisation des comptes des agents et le renforcement de leur formation à la cybersécurité.
La directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier, a indiqué que plus de 100 emplois étaient déjà consacrés à la cybersécurité parmi les plus de 5.300 informaticiens de l’administration fiscale. La sécurisation des accès sera accélérée, avec la généralisation de l’authentification forte.
D’ici la fin de l’année, l’ensemble des agents de la DGFiP devraient également être équipés de clés de sécurité USB (tokens) pour renforcer la protection de leurs comptes professionnels.
Après la découverte des intrusions, certaines applications ont immédiatement été rendues inaccessibles. L’accès à distance au portail de messagerie des agents a également été suspendu.
Le gouvernement souhaite par ailleurs intensifier la lutte contre l’ingénierie sociale et le phishing. Des campagnes internes de simulation d’attaques seront renforcées afin de tester la vigilance des agents et d’identifier les éventuelles vulnérabilités.
David Amiel a également souligné que le développement rapide de l’intelligence artificielle pouvait accroître les risques cyber. L’administration souhaite donc pouvoir utiliser des outils d’IA contrôlés pour tester ses propres systèmes et détecter plus efficacement leurs failles.
À travers ces mesures, les autorités françaises entendent renforcer la prévention et la résilience des infrastructures numériques de l’État face à la multiplication des cybermenaces.
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