Infirmiers et techniciens de santé : 8.500 diplômés pour seulement 5.000 postes attendus

MOHAMED YAZID BENNOUNA19 août 2026Dernière mise à jour :
Infirmiers et techniciens de santé : 8.500 diplômés pour seulement 5.000 postes attendus

Le décalage entre le nombre de diplômés des Instituts supérieurs des professions infirmières et techniques de santé (ISPITS) et les postes ouverts au recrutement suscite des inquiétudes au Parlement. Quelque 8.500 diplômés, dont environ 1.500 issus des promotions précédentes, pourraient être en attente d’une insertion professionnelle, alors qu’environ 5.000 postes budgétaires sont attendus cette année.

Dans une question écrite adressée au ministre de la Santé et de la Protection sociale, la députée Aouicha Zelfa, du Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des représentants, a alerté sur cette situation.

Selon les chiffres avancés par la parlementaire, près de 7.000 nouveaux diplômés devraient rejoindre cette année les quelque 1.500 lauréats des promotions précédentes toujours sans emploi. Si les 5.000 postes attendus sont confirmés, le déficit dépasserait ainsi 3.000 postes.

Un décalage entre formation et recrutement

Pour la députée, cette situation soulève la question de l’adéquation entre les formations proposées et les besoins réels du système de santé. Certaines spécialités créées depuis 2022 seraient particulièrement concernées, notamment les soins infirmiers au bloc opératoire, la néphrologie et dialyse ainsi que la gériatrie.

Ces formations ont été développées afin de répondre à des besoins spécifiques du secteur, mais les perspectives de recrutement demeureraient limitées pour leurs diplômés.

Aouicha Zelfa estime que cette situation risque également de représenter un gaspillage des ressources consacrées par l’État à la formation de ces compétences, alors que le Maroc cherche parallèlement à renforcer ses ressources humaines dans le secteur de la santé.

La députée demande donc au ministère de présenter son plan de programmation des effectifs afin de mieux adapter le nombre de personnes formées aux besoins de recrutement. Elle réclame également des données détaillées sur les postes budgétaires prévus cette année, leur répartition par spécialité et les différents organismes concernés.

Des mesures exceptionnelles réclamées

La situation des diplômés des promotions précédentes constitue également une préoccupation majeure. La parlementaire demande au ministère s’il prévoit des mesures exceptionnelles pour résorber progressivement ce stock de diplômés sans emploi.

Parmi les solutions proposées figurent notamment l’organisation d’un concours national exceptionnel ou la création d’un mécanisme spécifique permettant l’intégration des anciens diplômés.

Le secteur privé pourrait également contribuer à l’insertion professionnelle, mais la députée estime qu’il ne peut absorber à lui seul l’ensemble des nouveaux diplômés. Elle appelle ainsi à renforcer la coopération avec les établissements privés tout en garantissant les droits professionnels et les conditions de travail des infirmiers et techniciens de santé.

Au-delà de la question des recrutements prévus en 2026, cette situation met en évidence un enjeu plus large pour le système de santé marocain : assurer une meilleure coordination entre les capacités de formation, les besoins des établissements de santé et la programmation des postes disponibles.

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