Législatives 2026 : à Casablanca-Settat, l’emploi s’impose comme une priorité électorale

MOHAMED YAZID BENNOUNAIl y a 35 minutesDernière mise à jour :
Législatives 2026 : à Casablanca-Settat, l’emploi s’impose comme une priorité électorale

À l’approche des élections législatives du 23 septembre, la région de Casablanca-Settat connaît une forte mobilisation politique, sur fond de préoccupations socio-économiques et d’attentes importantes de la part des citoyens.

Parmi les principaux sujets qui dominent le débat électoral, l’emploi et le chômage des jeunes occupent une place centrale. Pour de nombreux électeurs, la capacité des futurs élus à proposer des solutions concrètes en matière d’emploi pourrait peser sur le choix des urnes.

Le chômage reste particulièrement élevé chez les jeunes

Les dernières données disponibles sur le marché du travail montrent l’ampleur du défi. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage strict au Maroc s’est établi à 9,5 %, avec des écarts importants entre les zones urbaines et rurales.

Le taux atteint 11,9 % en milieu urbain, contre 5,4 % dans les zones rurales. Les femmes restent davantage exposées au chômage, avec un taux de 14,8 %, contre 8,1 % pour les hommes.

Les jeunes de 15 à 24 ans constituent la catégorie la plus touchée, avec un taux de chômage de 27,2 %, tandis que celui des 25-34 ans atteint 14,5 %.

Le chômage concerne également fortement les diplômés : il atteint 16,7 % parmi les titulaires d’un diplôme d’études supérieures, contre 16 % pour les diplômés du niveau moyen et 11,4 % pour ceux disposant d’un diplôme de base.

Les jeunes réclament des emplois durables

Pour Abdessamad, un jeune Casablancais titulaire d’un Master et actuellement sans emploi, la question de l’emploi constitue une préoccupation majeure pour les électeurs.

Il insiste notamment sur la nécessité de créer des emplois durables et de mieux adapter les formations aux besoins réels du marché du travail.

Même constat pour Mohamed, salarié dans le secteur privé, qui considère le chômage des jeunes comme un indicateur important pour évaluer l’efficacité des politiques publiques.

Selon lui, les jeunes recherchent des emplois correspondant à leur formation et leur permettant de bénéficier de dignité, d’autonomie et d’une protection sociale.

Les prochaines législatives constituent ainsi, à ses yeux, un test pour les partis politiques, appelés à démontrer leur capacité à transformer leurs promesses en programmes réalistes et réalisables.

Des politiques publiques plus concrètes

Pour Soumaya Belkasseh, experte en ressources humaines et en responsabilité sociale des entreprises, le chômage des jeunes et le phénomène du « mal-emploi » représentent désormais des critères importants d’évaluation de l’action publique.

La création d’emplois constitue non seulement une réponse à une attente sociale, mais également un levier stratégique de croissance et de création de richesse.

Elle estime toutefois que les investissements, à eux seuls, ne suffisent pas à garantir la création d’emplois durables. Celle-ci nécessite des politiques publiques efficaces, accompagnées d’objectifs précis et mesurables.

Le discours politique devrait ainsi reposer sur des programmes chiffrés, réalistes et évaluables, plutôt que sur des promesses générales.

Encourager l’auto-emploi et soutenir les entreprises

L’experte plaide notamment pour faciliter l’auto-emploi, améliorer le climat des affaires et renforcer l’accompagnement des entreprises.

Selon elle, la création d’emplois ne doit pas reposer exclusivement sur les secteurs public et privé : l’entrepreneuriat et les initiatives individuelles doivent également être davantage encouragés.

Elle appelle également à mettre en place une politique nationale inclusive en faveur de l’emploi des jeunes, à renforcer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail et à soutenir les petites et moyennes entreprises.

Ne laisser aucun profil de côté

La question de l’inclusion constitue également un enjeu majeur.

Les jeunes non diplômés, les femmes et les jeunes vivant en milieu rural doivent bénéficier de dispositifs favorisant leur insertion professionnelle, estime Soumaya Belkasseh.

Elle souligne parallèlement la nécessité de lutter contre le secteur informel, tout en exploitant les nouvelles opportunités liées à la transition numérique et énergétique.

Ces secteurs pourraient en effet contribuer à l’apparition de nouveaux métiers et à la création d’opportunités professionnelles adaptées aux transformations de l’économie.

L’emploi, un engagement à évaluer dans la durée

À Casablanca-Settat comme dans le reste du Royaume, la question de l’emploi dépasse donc le cadre de la campagne électorale.

Pour les électeurs, la crédibilité des engagements dépendra surtout de leur mise en œuvre concrète et de leurs résultats sur le terrain.

La politique de l’emploi devrait ainsi faire l’objet d’un suivi régulier et d’évaluations permettant de réorienter les dispositifs lorsque cela s’avère nécessaire.

À l’approche du scrutin du 23 septembre, la lutte contre le chômage et la précarité apparaît ainsi comme l’un des principaux critères permettant aux citoyens d’évaluer les programmes et les ambitions des formations politiques.

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