PISA 2025 : les résultats marocains soulignent l’urgence de renforcer les apprentissages fondamentaux

MOHAMED YAZID BENNOUNA9 septembre 2026Dernière mise à jour :
PISA 2025 : les résultats marocains soulignent l’urgence de renforcer les apprentissages fondamentaux

Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025 mettent en évidence les difficultés persistantes du système éducatif marocain en matière d’apprentissages fondamentaux, tout en renforçant la nécessité de poursuivre les réformes engagées dans le cadre de la Feuille de route 2022-2026.

Le ministère de l’Éducation nationale souligne toutefois que ces résultats reflètent principalement le niveau d’élèves ayant été scolarisés dans le cadre de l’ancien modèle éducatif. Les élèves concernés par l’évaluation n’ont notamment pas bénéficié du dispositif des « établissements pionniers » au cours de leur parcours scolaire.

Recul des performances dans les trois domaines

Par rapport à l’édition 2022, le score moyen du Maroc a diminué dans les trois principaux domaines évalués.

En mathématiques, la moyenne nationale est passée de 365 à 355 points, soit une baisse de 10 points.

En compréhension de l’écrit, le score a reculé de 18 points, passant de 339 à 321 points.

Les sciences enregistrent pour leur part une baisse plus limitée, de 365 à 358 points, soit 7 points.

Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance internationale marquée également par une diminution des performances dans plusieurs systèmes éducatifs.

Les sciences, domaine le mieux maîtrisé

Les sciences constituent le domaine dans lequel les élèves marocains affichent leur meilleure performance relative.

Certaines composantes obtiennent notamment des scores supérieurs à la moyenne marocaine dans les sciences, avec 369 points pour les démarches de recherche scientifique et 357 points aussi bien pour l’évaluation des informations scientifiques que pour les sciences environnementales.

Les composantes liées à la modélisation et à la programmation enregistrent respectivement 374 et 369 points.

Un recul également observé dans les pays de l’OCDE

Les difficultés ne concernent pas uniquement le Maroc. Les résultats moyens des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont eux aussi diminué entre les deux éditions.

La moyenne de l’OCDE a reculé de 9 points en mathématiques, passant de 472 à 463 points, et de 15 points en compréhension de l’écrit, de 476 à 461 points.

En sciences, la baisse est de 3 points, avec un score passant de 485 à 482 points.

Le ministère estime que cette évolution traduit des difficultés communes auxquelles sont confrontés plusieurs systèmes éducatifs à travers le monde.

Les difficultés commencent dès le primaire

Malgré cette tendance internationale, l’écart entre les performances marocaines et les moyennes internationales demeure important.

Pour le ministère, les résultats montrent surtout que les difficultés observées chez les élèves âgés de 15 ans ne sont pas uniquement liées à l’enseignement secondaire collégial.

Elles seraient également le résultat d’une accumulation progressive de lacunes dès les premières années du primaire, qui se transmettent ensuite d’un niveau scolaire à l’autre.

Cette situation explique l’importance accordée par la réforme actuelle à la maîtrise des apprentissages fondamentaux dès les premières années de scolarité.

Les « établissements pionniers » au cœur de la réforme

Le modèle des « établissements pionniers » constitue ainsi l’un des principaux leviers de la réforme éducative engagée par le Maroc.

Le dispositif vise notamment à identifier les difficultés d’apprentissage à un stade précoce et à mettre en place des mécanismes de soutien et de remédiation permettant d’éviter leur accumulation.

Le ministère entend poursuivre et accélérer la généralisation de ce modèle dans l’enseignement primaire et secondaire collégial, tout en renforçant les dispositifs de soutien pédagogique.

L’adaptation des contenus, la formation pratique spécialisée des enseignants, le développement des ressources pédagogiques et numériques ainsi que l’amélioration de l’accompagnement pédagogique figurent également parmi les priorités.

L’impact de la réforme devra encore être mesuré

Les résultats de PISA 2025 ne permettent donc pas, selon le ministère, d’évaluer directement l’efficacité du nouveau modèle éducatif.

Pour mesurer son impact réel sur les performances internationales du Maroc, il faudra attendre que les élèves ayant effectivement bénéficié des « établissements pionniers » atteignent l’âge de participation au programme PISA.

L’enjeu reste ainsi de transformer les réformes engagées en amélioration durable des apprentissages fondamentaux, notamment en mathématiques, en lecture et en sciences.

Le programme PISA évalue les connaissances et compétences des élèves de 15 ans dans ces trois domaines, auxquels s’ajoute pour cette édition une dimension consacrée à l’apprentissage dans le monde numérique.

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