À l’approche des élections législatives du 23 septembre, de nombreux jeunes de la région Béni Mellal-Khénifra s’apprêtent à vivre leur première expérience électorale. Du douar Oulad Rkiaa, dans la commune d’Ahl Merbaa, à M’rirt, cette nouvelle génération entend participer au scrutin, choisir ses représentants et faire entendre ses attentes en matière de gestion de la chose publique et de développement territorial.
Cette génération a grandi dans un environnement marqué par l’essor du numérique et l’élargissement du débat public autour de plusieurs enjeux majeurs, notamment l’éducation, la santé, l’emploi, le développement et la justice territoriale.
Une première expérience électorale
À Oulad Rkiaa, Soufiane, 21 ans, considère le 23 septembre comme une étape importante puisqu’il participera pour la première fois à un scrutin.
Le jeune homme souhaite voir les futurs élus rester proches des citoyens durant leur mandat et maintenir une présence régulière sur le terrain. Il appelle également à transformer les programmes électoraux en engagements concrets et réalisables, accompagnés d’un suivi rigoureux.
Parmi ses principales attentes figurent l’amélioration de l’éducation et des services de santé ainsi que le désenclavement des zones rurales et montagneuses.
Pour lui, la participation des jeunes est essentielle : ils doivent exercer leur droit de vote et contribuer directement au choix de leurs représentants.
Dans le même douar, Chaimae Ben Ali, qui votera également pour la première fois, considère cette participation comme une occasion d’exprimer son opinion et de contribuer au choix du représentant de sa commune.
À M’rirt, le vote comme exercice de citoyenneté
À M’rirt, plusieurs jeunes manifestent également un intérêt croissant pour le scrutin et le rôle qu’ils peuvent jouer dans la vie publique.
Pour El Mehdi Tenghmalti, le vote ne constitue pas une simple formalité. Il représente un véritable exercice de citoyenneté et l’expression d’un droit constitutionnel permettant aux électeurs de participer au choix de leurs représentants.
Son intérêt pour la scène politique de la province de Khénifra l’amène à considérer les prochaines législatives comme une occasion de passer du statut d’observateur à celui d’acteur de la vie publique.
Il estime toutefois qu’une participation consciente suppose de s’informer sur les programmes proposés, de comparer les différentes orientations et de choisir les candidats capables d’assumer leurs responsabilités et de défendre l’intérêt général.
L’abstention ne doit pas décider à la place des électeurs
Pour Maryam Merabet, également originaire de M’rirt, la participation des jeunes revêt une importance particulière.
Elle considère que l’abstention ne constitue ni une solution ni une position neutre, puisqu’elle revient à laisser d’autres électeurs décider à la place de ceux qui ne participent pas.
Selon elle, les choix issus des urnes ont un impact direct ou indirect sur les politiques publiques et les services qui concernent le quotidien des citoyens, notamment l’éducation, la santé, l’emploi et les infrastructures.
La participation ne devrait donc pas se limiter au fait de déposer un bulletin dans l’urne. Elle implique également de consulter les programmes, de comparer les propositions et de choisir sur la base de la compétence, du mérite et du sens des responsabilités.
Une jeunesse au cœur des priorités régionales
La région Béni Mellal-Khénifra regroupe les provinces de Béni Mellal, Azilal, Fquih Ben Salah, Khénifra et Khouribga. Sa diversité géographique accentue les enjeux liés à l’accès à la formation, à l’emploi et aux services de base.
Dans ce contexte, Abdelhak Madani, acteur associatif, estime que les prochaines législatives constituent un rendez-vous important pour l’avenir des jeunes et pour le modèle de développement qui sera poursuivi dans les prochaines années.
Il souligne que la région dispose d’une jeunesse riche en compétences, en ambition et en idées.
Des programmes liés à des résultats mesurables
Pour Abdelhak Madani, les attentes des jeunes ne se résument pas à un simple renouvellement des personnes.
Elles concernent également la manière dont les questions liées à la jeunesse sont traitées, avec des programmes clairs, réalistes et réalisables, mais aussi une présence accrue des jeunes dans les espaces de décision.
Il appelle également à prendre en compte les préoccupations des jeunes des milieux rural et urbain sur un pied d’égalité.
Les programmes électoraux devraient, selon lui, être associés à des résultats mesurables, notamment en matière de création d’emplois, d’accompagnement des projets et d’accès des jeunes aux programmes de développement.
À Béni Mellal-Khénifra, les législatives du 23 septembre apparaissent ainsi comme une occasion pour une nouvelle génération d’électeurs de participer davantage à la vie publique et de faire du vote un moyen d’exprimer ses attentes et ses ambitions pour l’avenir de la région.
![]()




