Les provinces du Sud du Royaume s’imposent comme un terrain important pour le renforcement de la participation des jeunes à la vie politique. À l’approche des élections législatives du 23 septembre, la question du renouvellement des élites et de l’accès des nouvelles générations aux responsabilités publiques prend une importance particulière.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre des réformes électorales engagées ces dernières années et de la volonté de faire des jeunes des acteurs à part entière de la vie publique, conformément aux objectifs du Nouveau Modèle de Développement.
Faciliter l’accès des jeunes aux institutions
Pour Boubker Hamdani, président du Centre de réflexion stratégique et de défense de la démocratie à Laâyoune, le renforcement de la participation des jeunes doit être considéré comme un levier essentiel du renouvellement des élites.
Il souligne que les nouvelles dispositions électorales facilitent notamment l’accès à la Chambre des représentants pour les jeunes âgés de 35 ans au plus, qu’ils soient affiliés à un parti ou sans appartenance partisane.
Parmi les mesures mises en avant figure également la prise en charge par l’État d’une partie importante des dépenses liées aux campagnes électorales, pouvant atteindre 75 %.
L’objectif ne consiste donc plus uniquement à encourager les jeunes à participer au vote, mais également à leur permettre de se porter candidats, mener campagne et accéder aux espaces de décision.
Les provinces du Sud disposent d’un atout important
Cette évolution peut s’appuyer sur une participation électorale relativement élevée dans les provinces du Sud.
Lors des élections de 2021, la région de Laâyoune-Sakia El Hamra avait enregistré un taux de participation de 66,94 %, contre 58,30 % dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.
Ces résultats constituent, selon Boubker Hamdani, un acquis sur lequel il convient de capitaliser afin de transformer la participation des jeunes comme électeurs en une représentation effective au sein des institutions élues.
Il s’agit notamment de renforcer leur capacité à formuler des propositions, défendre les intérêts de leurs territoires et contribuer à la prise de décision aux niveaux local, régional et national.
Une responsabilité accrue pour les partis politiques
Le renouvellement des élites implique également une évolution du rôle des formations politiques.
Les nouvelles dispositions prévoient notamment qu’au moins un cinquième des membres fondateurs des nouveaux partis politiques soient âgés de 35 ans au plus.
La simplification des conditions de présentation des listes de jeunes sans appartenance partisane pourrait également pousser les partis à investir davantage dans l’identification, la formation et l’accompagnement de nouvelles compétences.
Pour Boubker Hamdani, le soutien juridique et financier de l’État doit toutefois être accompagné d’une véritable ouverture des partis, fondée sur la compétence, l’intégrité et le service de l’intérêt général.
Combattre la désaffection politique
Le chercheur Taleb Bouya Maelainine estime, pour sa part, que l’implication politique des jeunes passe d’abord par la lutte contre leur désaffection à l’égard de la vie publique.
Il appelle ainsi à renforcer le dialogue entre les jeunes et les institutions et à mieux prendre en compte leurs attentes dans des domaines tels que l’emploi, l’éducation, la culture, le sport, l’entrepreneuriat et le développement durable.
Il préconise également une participation plus structurée des jeunes à l’élaboration des politiques publiques, à travers leur formation, leur encadrement et leur implication réelle dans les partis politiques, au-delà d’une simple présence symbolique.
Impliquer les jeunes dans la gestion territoriale
Cette participation devrait également s’étendre aux collectivités territoriales.
Selon Taleb Bouya Maelainine, les jeunes doivent pouvoir contribuer à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques locales, mais aussi prendre part au débat concernant la gestion des finances territoriales.
Une implication plus importante dans les instances de concertation et de dialogue permettrait également aux jeunes et à la société civile de participer au suivi des programmes de développement régional et local.
Des élections décisives pour le renouvellement des élites
À l’approche du scrutin de 2026, les provinces du Sud disposent ainsi d’une opportunité pour renforcer la présence des jeunes dans les institutions représentatives.
L’enjeu dépasse la simple participation électorale : il s’agit de favoriser le passage du jeune électeur au jeune candidat, puis au jeune élu et acteur de la décision publique.
La réussite de cette transition dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment l’application effective des réformes, l’ouverture des partis politiques, la formation civique et politique des jeunes et l’accompagnement de la société civile.
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