Législatives 2026 : renforcer la confiance et l’efficacité de l’action publique au cœur des enjeux

MOHAMED YAZID BENNOUNA9 septembre 2026Dernière mise à jour :
Législatives 2026 : renforcer la confiance et l’efficacité de l’action publique au cœur des enjeux

Les élections législatives du 23 septembre constituent une échéance importante pour la vie politique marocaine. Le scrutin doit permettre de renouveler les membres de la Chambre des représentants et d’ouvrir un nouveau cycle politique, dans un contexte marqué par d’importantes transformations économiques et sociales.

Au-delà de la compétition entre les formations politiques, ces élections mettent notamment en avant la question de la confiance dans les institutions, de la participation citoyenne et de l’efficacité de l’action publique.

Des attentes importantes sur le plan social

Pour Mohamed Zakaria Aboudahab, professeur de relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat, les prochaines législatives interviennent dans un contexte où plusieurs dossiers structurants se trouvent au cœur des préoccupations nationales.

Il cite notamment la poursuite des réformes, la consolidation de l’État social, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques.

L’universitaire estime que les attentes des citoyens concernent en particulier l’emploi, la protection sociale, la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat, avec une attention particulière à la situation des jeunes et à leur insertion professionnelle.

L’emploi reste une priorité

Le marché du travail figure ainsi parmi les principaux enjeux du prochain cycle politique.

Mohamed Zakaria Aboudahab appelle à renforcer les dispositifs d’insertion professionnelle et à améliorer l’adéquation entre les formations proposées et les besoins réels du marché du travail.

La question de la jeunesse revêt également une importance particulière, notamment face aux transformations liées à l’intelligence artificielle et à l’automatisation, qui pourraient modifier en profondeur les compétences recherchées dans plusieurs secteurs.

L’expert souligne par ailleurs la nécessité de renforcer l’inclusion des personnes à mobilité réduite dans les politiques publiques et les réformes à venir.

Réduire les disparités entre les territoires

Le développement territorial constitue un autre enjeu majeur des prochaines législatives.

L’objectif consiste notamment à réduire les écarts en matière d’accès aux services publics entre les différentes régions du Royaume, en particulier dans les territoires les plus reculés.

Cela concerne notamment les infrastructures sanitaires et éducatives, mais également les conditions d’accès aux services essentiels.

La gestion des ressources hydriques constitue également une préoccupation importante dans un contexte marqué par les mutations climatiques et les tensions sur l’eau.

Une majorité gouvernementale cohérente

Sur le plan institutionnel, Mohamed Zakaria Aboudahab considère que la formation d’une majorité gouvernementale cohérente sera déterminante pour assurer la mise en œuvre effective des réformes.

Il insiste également sur l’importance d’une meilleure coordination entre le gouvernement et les collectivités territoriales afin de garantir une territorialisation efficace des politiques publiques.

Selon cette approche, la réussite des réformes dépendra autant de leur conception que de leur capacité à produire des résultats concrets au niveau local.

La participation des jeunes au centre des préoccupations

La participation électorale constitue également un enjeu essentiel du scrutin du 23 septembre.

Pour l’universitaire, les acteurs politiques ont une responsabilité particulière dans le renforcement du lien entre les citoyens et les institutions. Les jeunes seraient notamment davantage susceptibles de participer lorsqu’ils peuvent constater concrètement les effets des politiques publiques sur leur quotidien.

La mobilisation ne devrait toutefois pas relever uniquement des partis politiques. La société civile, les syndicats et les autres acteurs concernés peuvent également contribuer à sensibiliser les citoyens et à encourager leur participation.

Les réseaux sociaux, nouvel espace politique

Les réseaux sociaux occupent enfin une place croissante dans la communication politique.

Ces plateformes constituent désormais un espace important d’échange entre les formations politiques et les citoyens, particulièrement auprès des jeunes générations.

Cette évolution oblige les acteurs politiques à adapter leurs modes de communication et à privilégier davantage l’interaction, la proximité et la présentation de programmes répondant aux préoccupations concrètes de la population.

À l’approche du scrutin, l’enjeu sera donc de transformer la compétition électorale en dynamique de participation et de confiance, en proposant des réponses crédibles aux attentes sociales et économiques des citoyens.

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