Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a affirmé mardi soir devant l’Assemblée générale des Nations Unies que la question du Sahara avait connu, selon lui, un « tournant historique » sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.
Dans son intervention au nom du Maroc lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre a notamment mis en avant la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025. Ce texte prend la proposition marocaine d’autonomie comme base des discussions et appelle les parties à parvenir à une solution politique définitive, mutuellement acceptable et conforme à la Charte des Nations Unies.
Six principes mis en avant par Rabat
Pour Nasser Bourita, cette évolution a engagé le dossier sur une nouvelle trajectoire et rompu avec les approches du passé.
Il a présenté à ce titre six principes que le Maroc considère comme fondamentaux pour la poursuite du processus politique.
Le premier repose, selon lui, sur l’idée qu’« il n’y a pas de solution en dehors du cadre de l’autonomie sous souveraineté marocaine ».
Le deuxième concerne le processus de négociation, que le ministre souhaite voir conduit exclusivement sous l’égide des Nations Unies et basé sur l’initiative marocaine d’autonomie.
Troisièmement, Bourita a évoqué la responsabilité et les obligations des quatre parties au processus, telles qu’elles sont mentionnées dans la résolution 2797.
Le quatrième principe porte sur le refus du maintien du statu quo, le ministre estimant que le processus de règlement politique est désormais engagé.
Le cinquième concerne la crédibilité des acteurs du processus, tandis que le sixième porte sur la situation des populations vivant dans les camps de Tindouf, que le Maroc considère comme une question devant être traitée au regard du droit international et du droit international humanitaire.
La résolution 2797 au cœur de la nouvelle dynamique
La résolution 2797 a été adoptée par le Conseil de sécurité le 31 octobre 2025 par 11 voix contre zéro, avec trois abstentions. Elle a notamment prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et demandé aux parties de poursuivre les discussions sans conditions préalables, en prenant comme base la proposition marocaine d’autonomie.
Le texte souligne parallèlement la nécessité de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, compatible avec la Charte des Nations Unies et le principe d’autodétermination.
Développement des provinces du Sud mis en avant
En parallèle du processus diplomatique, Nasser Bourita a souligné les investissements engagés par le Maroc dans les provinces du Sud.
Il a notamment cité le développement des infrastructures, de l’enseignement universitaire, de la santé, des aéroports et d’autres secteurs considérés comme essentiels au développement économique et social de ces territoires.
Le ministre a présenté cette dynamique comme complémentaire de l’engagement du Royaume en faveur d’un règlement définitif du différend.
Les élections législatives également évoquées
Nasser Bourita a par ailleurs lié cette dynamique à la participation politique des habitants de la région.
Il a indiqué que les habitants du Sahara participeraient, comme lors des précédentes échéances selon lui, aux élections législatives prévues mercredi au Maroc.
Cette participation est présentée par le ministre comme un moyen de renforcer la représentation démocratique et l’implication des habitants dans la gestion de leurs affaires locales.
À travers cette intervention devant l’Assemblée générale, la diplomatie marocaine a ainsi réaffirmé les paramètres défendus par Rabat tout en mettant l’accent sur le rôle du processus onusien et sur la poursuite du développement dans les provinces du Sud.
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