Conflit et tourisme
Des centaines de visiteurs étrangers se retrouvent bloqués sur l’île de Socotra, au large du Yémen, après la suspension de tous les vols intérieurs et internationaux en raison des affrontements sur le continent entre séparatistes et forces gouvernementales.
Un trafic aérien totalement interrompu
Plus de 400 touristes – dont des Emiratis, Russes, Britanniques, Français et Américains – sont actuellement retenus sur l’archipel. « Nous avons plus de 400 touristes étrangers dont les vols ont été annulés », a déclaré Yehya ben Afrar, adjoint au gouverneur de Socotra chargé de la culture et du tourisme.
Depuis la déclaration de l’état d’urgence fin décembre par le gouvernement yéménite, tous les vols, y compris les trois rotations hebdomadaires en provenance d’Abou Dhabi, ont été suspendus. Parmi les touristes bloqués, plus de soixante Russes sont concernés, selon des diplomates occidentaux.
Socotra, une île préservée malgré la guerre
Située dans les eaux turquoise de la mer d’Arabie, Socotra est surnommée « les Galapagos de l’océan Indien » et est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’archipel de 50.000 habitants a jusqu’ici été relativement épargné par le conflit qui ravage le Yémen depuis plus de dix ans. L’île attire de nombreux touristes et influenceurs, notamment via les Émirats arabes unis, qui soutiennent le Conseil de transition du Sud (STC), actuel contrôleur de l’île.
Contexte du conflit sur le continent
Le STC a pris début décembre le contrôle de vastes territoires dans le sud du pays, provoquant la réaction des factions gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite. Ces dernières ont lancé vendredi une opération militaire dans la province de Hadramout, accompagnée de frappes aériennes saoudiennes, contre les positions du STC.
Le STC est intégré au gouvernement yéménite, une coalition complexe en lutte contre les rebelles houthis du nord du pays, mais ses ambitions territoriales dans le sud accentuent les tensions internes et perturbent la vie civile, y compris le tourisme.




