Sahara marocain : un tournant diplomatique majeur redessine les équilibres régionaux

El azhar Bennouna Sanaa10 février 2026Dernière mise à jour :
Sahara marocain : un tournant diplomatique majeur redessine les équilibres régionaux

Quand le dialogue s’impose enfin comme une réalité

Un changement notable semble s’opérer dans le dossier du Sahara marocain. Selon l’analyse du politologue Ahmed Nour Eddine, spécialiste reconnu de la question, la récente séquence diplomatique marquée par une rencontre à Madrid ouvre une phase nouvelle, longtemps jugée improbable.
Pour la première fois, l’Algérie aurait accepté de participer à des discussions directes autour du dossier, dans un cadre impliquant les États-Unis et les Nations unies. Une évolution que l’analyste qualifie de moment charnière, tant elle rompt avec des décennies de refus officiel de dialogue bilatéral.

L’initiative marocaine d’autonomie, désormais au cœur des discussions

Longtemps contestée par Alger, l’initiative marocaine d’autonomie apparaît aujourd’hui comme le socle central et exclusif des échanges en cours. Alors qu’elle était encore récemment décrite par les autorités algériennes comme une option irréaliste, elle s’impose désormais comme la seule base examinée par les parties concernées.

Pour Ahmed Nour Eddine, cette évolution n’est pas fortuite. Elle traduit la capacité du Maroc à inscrire sa proposition dans une dynamique internationale crédible, tout en clarifiant la nature réelle du différend : un contentieux essentiellement régional, où les rôles se redéfinissent.

Un nouveau cadre : leadership américain et appui onusien

Autre élément marquant de cette phase : le format même des discussions. Contrairement aux cycles précédents, essentiellement pilotés par l’ONU, les États-Unis jouent désormais un rôle moteur, avec un accompagnement onusien ciblé.
Cette configuration, selon le politologue, permet de donner une traduction concrète aux positions américaines favorables à la souveraineté marocaine, en dépassant les lenteurs procédurales qui ont longtemps caractérisé le processus.

Une commission d’experts pour passer du principe à l’application

Parmi les avancées significatives figure la mise en place d’une commission technique d’experts, chargée d’examiner les modalités juridiques, institutionnelles et pratiques de la mise en œuvre de l’autonomie.
Cette commission travaillerait sur un document détaillé, entièrement consacré à ce modèle, avec un calendrier précis. Pour Nour Eddine, il s’agit là d’un pas décisif : passer d’un débat politique général à une phase d’ingénierie institutionnelle concrète.

Un rapport de forces en mutation

Dans cette nouvelle dynamique, le rôle du Polisario apparaît de plus en plus marginalisé, selon l’analyse du politologue, tandis que la responsabilité politique du dossier se recentre sur les acteurs étatiques.
La pression internationale, notamment à travers les résolutions récentes du Conseil de sécurité, contribue à accélérer cette reconfiguration et à limiter les stratégies de blocage observées par le passé.

Vers une séquence décisive en 2026 ?

Le calendrier évoqué pour les travaux de la commission, s’étalant de mars à mai 2026, est perçu comme un signal fort. Il témoigne d’une volonté internationale d’aboutir, ou du moins d’empêcher l’enlisement.
Pour le Maroc, cette phase représente une opportunité stratégique majeure : celle de consolider, par le dialogue et le droit, une vision qu’il défend depuis des années.

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