Maroc–Équateur : vers un nouveau partenariat commercial pour alléger les barrières douanières

El azhar Bennouna Sanaa27 avril 2026Dernière mise à jour :
Maroc–Équateur : vers un nouveau partenariat commercial pour alléger les barrières douanières

Quito mise sur Rabat pour renforcer ses exportations et conquérir de nouveaux marchés

Les relations économiques entre le Maroc et l’Équateur entrent dans une nouvelle phase de dialogue stratégique. Après la récente visite officielle de la ministre équatorienne des Affaires étrangères, Gabriela Sommerfeld, à Rabat, un objectif clair se dessine : ouvrir la voie à un accord commercial permettant de réduire progressivement les droits de douane appliqués à plusieurs produits phares exportés vers le marché marocain.

Derrière cette initiative se profile une ambition plus large : renforcer la présence équatorienne au Maroc, tout en utilisant le Royaume comme une véritable plateforme commerciale vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Le message envoyé par Quito est limpide : le Maroc n’est plus seulement un partenaire commercial, mais un carrefour stratégique incontournable.


Roses, bananes, cacao : des produits emblématiques au cœur des négociations

Parmi les produits concernés figurent plusieurs symboles majeurs de l’exportation équatorienne : les roses, la banane, le cacao ainsi que leurs produits dérivés. Aujourd’hui, ces marchandises sont soumises à des droits de douane pouvant varier entre 30 % et 60 %, un niveau jugé trop élevé par les exportateurs équatoriens pour rester compétitifs face à d’autres pays fournisseurs.

Le président exécutif de la Fédération équatorienne des exportateurs (Fedexpor), Xavier Rosero, a confirmé que les premiers canaux de dialogue ont déjà été ouverts avec les partenaires marocains afin de présenter des propositions concrètes.

Dix entreprises équatoriennes ont participé à cette mission commerciale, notamment dans les secteurs agroalimentaires et floricoles. Chocolat, bananes transformées, fleurs coupées et produits agricoles à forte valeur ajoutée faisaient partie des offres présentées.

L’objectif est double : obtenir un allègement tarifaire progressif et identifier les produits susceptibles d’intéresser davantage le marché marocain.


Une coopération qui s’appuie sur des résultats déjà solides

Les chiffres confirment que cette dynamique ne part pas de zéro. En 2025, les échanges commerciaux non pétroliers entre les deux pays ont affiché un excédent de 48 millions de dollars en faveur de l’Équateur.

Les exportations équatoriennes vers le Maroc ont atteint 56 millions de dollars, enregistrant une hausse de 34 % par rapport à l’année précédente. Le Maroc est ainsi devenu le 33e marché de destination des exportations non pétrolières équatoriennes.

Parmi les principaux produits exportés figurent les crevettes, la banane, la banane plantain, les cœurs de palmier, les produits de la pêche, les crustacés ainsi que les fleurs. Les cinq premiers produits représentent à eux seuls 99 % des exportations non pétrolières.

Plus de 55 entreprises équatoriennes exportent actuellement vers le Royaume, preuve d’un intérêt commercial déjà bien ancré.


Le Maroc, porte d’entrée stratégique vers l’Afrique

Au-delà des chiffres, c’est surtout la position géographique du Maroc qui attire l’attention des opérateurs économiques équatoriens. Grâce à ses infrastructures portuaires modernes, à sa proximité avec l’Europe et à son rôle de hub logistique vers l’Afrique subsaharienne, le Royaume apparaît comme une passerelle commerciale particulièrement attractive.

Xavier Rosero insiste sur cet aspect : le Maroc peut devenir bien plus qu’un marché de destination. Il peut servir de point d’appui pour déployer une stratégie commerciale régionale plus ambitieuse.

Cette vision s’inscrit également dans le protocole d’accord signé en janvier dernier entre la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et Fedexpor, destiné à renforcer les liens entre les milieux d’affaires des deux pays.


Diversifier les échanges pour construire une relation durable

L’Équateur reconnaît aujourd’hui que ses exportations vers le Maroc restent encore très concentrées, notamment autour de l’aquaculture. Le défi consiste désormais à diversifier cette présence avec davantage de produits agricoles, alimentaires transformés et solutions agro-industrielles.

Face à la concurrence de pays comme la Colombie, le Kenya ou encore l’Éthiopie, Quito souhaite regagner du terrain et améliorer sa compétitivité, notamment à travers une meilleure connectivité logistique et des conditions tarifaires plus favorables.

Du côté marocain, cette ouverture pourrait également offrir de nouvelles opportunités d’importation compétitive, tout en consolidant le rôle du Royaume comme acteur commercial majeur entre plusieurs continents.

Quand les barrières douanières s’allègent, ce sont souvent les ponts économiques qui se renforcent.

Et entre Rabat et Quito, ces ponts semblent aujourd’hui en pleine construction.

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