Des fossiles de 367 millions d’années révèlent le crâne complet d’un requin préhistorique

MOHAMED YAZID BENNOUNA4 juillet 2026Dernière mise à jour :
Des fossiles de 367 millions d’années révèlent le crâne complet d’un requin préhistorique

Une découverte réalisée dans l’Anti-Atlas marocain permet de mieux comprendre l’évolution des premiers requins ayant peuplé les océans de la Terre. Des chercheurs internationaux ont publié une étude présentant la reconstitution la plus complète à ce jour de Phoebodus saidselachus, un requin ayant vécu il y a environ 367 millions d’années.

Les travaux, parus dans la revue scientifique Acta Palaeontologica Polonica, reposent sur l’analyse de cinq nouveaux fossiles découverts dans la région du Maïder, à l’est de l’Anti-Atlas. Grâce à ces spécimens remarquablement conservés, les scientifiques ont pu reconstruire pour la première fois le crâne de l’animal en trois dimensions.

Les fossiles proviennent d’une formation géologique connue sous le nom de « Thylacocephalan Layer », une couche riche en concrétions minérales qui favorise une conservation exceptionnelle des organismes marins anciens. Cette zone renferme également de nombreux crustacés, poissons cartilagineux et autres espèces ayant vécu durant le Dévonien.

Selon Abdelouahed Lagnaoui, professeur de paléontologie des vertébrés et de stratigraphie à l’Université Hassan Premier de Berrechid et co-auteur de l’étude, la richesse exceptionnelle de cette région s’explique par sa position géographique à cette époque. Il y a près de 370 millions d’années, le territoire correspondant aujourd’hui au Maroc se situait sur la bordure nord du supercontinent Gondwana et était entièrement recouvert par les eaux de l’océan Rhéique, offrant un environnement particulièrement favorable au développement d’une importante biodiversité marine.

Les cinq nouveaux spécimens ont été découverts par le fossileur marocain Saïd Oukharbouch avant d’être préparés dans des laboratoires suisses. Ils sont désormais conservés entre l’Université de Zurich et l’École supérieure de l’éducation et de la formation de Berrechid.

Au total, les chercheurs ont étudié douze fossiles de Phoebodus saidselachus, en combinant ces nouvelles découvertes avec sept spécimens déjà décrits lors de travaux antérieurs. Des examens par tomographie aux rayons X ont permis d’observer avec précision l’anatomie interne de l’animal sans endommager les fossiles.

Cette analyse révèle de nombreux détails inédits concernant la morphologie du requin, notamment la structure de son crâne, de ses branchies, de ses nageoires, de sa queue ainsi que de son système nerveux. Les scientifiques ont également obtenu de nouvelles informations sur sa croissance, son mode d’alimentation et sa place dans les chaînes alimentaires marines de la fin du Dévonien.

Les chercheurs estiment que cette découverte constitue une avancée majeure pour mieux comprendre les premiers représentants des élasmobranches, le groupe auquel appartiennent aujourd’hui les requins et les raies. Elle confirme également le rôle majeur du Maroc comme l’un des sites paléontologiques les plus riches au monde pour l’étude de la vie marine préhistorique.

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