Casablanca s’apprête à renforcer durablement sa sécurité hydrique avec la mise en service, prévue en février 2027, de la plus grande station de dessalement d’eau de mer du Royaume. L’annonce a été faite par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants.
Selon le ministre, les travaux avancent conformément au calendrier établi, permettant le lancement de la production d’eau dessalée dès le début de l’année prochaine afin de sécuriser l’alimentation en eau potable de Casablanca et des régions avoisinantes.
Inauguré en juin 2024 par Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, ce projet stratégique mobilise un investissement de près de 11 milliards de dirhams dans le cadre d’un partenariat public-privé. Il s’inscrit dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027.
La future station produira 200 millions de mètres cubes d’eau par an lors de sa première phase d’exploitation. Cette capacité sera portée à 300 millions de mètres cubes annuels après une extension prévue. La majorité de cette production sera destinée à l’alimentation en eau potable de Casablanca et de sa région, tandis qu’une partie sera consacrée à l’irrigation agricole afin de réduire la pression sur les ressources hydriques conventionnelles.
Ce projet intervient dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse et par la diminution des réserves des barrages, notamment dans le bassin de l’Oum Er-Rbia, principale source d’approvisionnement de la région Casablanca-Settat.
La station utilisera la technologie de l’osmose inverse, reconnue pour son efficacité en matière de dessalement. Elle sera alimentée par une centrale éolienne, une solution qui permettra de limiter son empreinte carbone tout en réduisant les coûts de production, conformément aux objectifs du Maroc en matière de transition énergétique.
L’infrastructure comprendra également des ouvrages de captage de l’eau de mer, des installations de rejet des eaux traitées, des stations de pompage, des réservoirs de stockage, un centre de contrôle ainsi qu’un réseau de transport destiné à acheminer l’eau vers les zones de consommation.
Au-delà de son importance pour Casablanca, cette station constitue un maillon essentiel de la stratégie nationale de sécurité hydrique. Celle-ci repose sur la diversification des ressources en eau, le développement du dessalement, la construction de nouveaux barrages, la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration des réseaux de distribution et la promotion d’une consommation plus responsable.
Les spécialistes estiment que le dessalement jouera un rôle de plus en plus important dans le mix hydrique national. Ils rappellent toutefois que cette technologie doit s’inscrire dans une stratégie globale combinant développement de nouvelles ressources, gestion de la demande et préservation des écosystèmes.
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