Le président américain Donald Trump a menacé lundi d’empêcher le constructeur aéronautique canadien Bombardier de vendre ses appareils aux États-Unis s’il ne relocalise pas davantage sa production sur le territoire américain.
Dans un message publié sur son réseau social, Trump a affirmé que Bombardier ne devrait plus pouvoir accéder au marché américain sans produire localement, accusant l’entreprise de profiter du marché américain sans suffisamment investir aux États-Unis.
Cette nouvelle menace intervient alors que les tensions commerciales entre Washington et Ottawa continuent de s’aggraver.
Bombardier déjà très présent aux États-Unis
Il reste toutefois difficile de déterminer comment l’administration américaine pourrait concrètement empêcher Bombardier de commercialiser ses avions aux États-Unis.
Le groupe montréalais dispose déjà d’une importante implantation industrielle et commerciale dans le pays. Il possède notamment une usine au Kansas, spécialisée dans la fabrication d’avions destinés à des missions particulières, et emploie environ 3 500 personnes aux États-Unis.
Bombardier est également présent dans plusieurs autres États, notamment au Texas, en Arizona, en Floride, au Connecticut, dans l’Illinois, le Delaware, la Californie, le New Jersey ainsi que dans la capitale fédérale.
Le marché américain représente par ailleurs une part essentielle de son activité : environ la moitié des 5 100 appareils de la flotte Bombardier sont exploités par des clients basés aux États-Unis.
Le constructeur défend son implantation américaine
Bombardier n’a pas directement répondu à la menace présidentielle, mais l’entreprise a souligné l’importance de ses activités américaines.
Le groupe affirme que son implantation aux États-Unis contribue à créer des dizaines de milliers d’emplois et insiste sur ses relations avec les entreprises américaines, ses salariés et les communautés locales.
Le constructeur produit actuellement ses avions dans des installations situées au Canada, aux États-Unis et au Mexique.
Ses activités s’inscrivent également dans le cadre de l’accord commercial nord-américain conclu sous le premier mandat de Donald Trump, connu sous les noms de CUSMA au Canada et USMCA aux États-Unis.
Bombardier, un poids lourd de l’économie québécoise
L’entreprise constitue également un acteur majeur de l’économie canadienne, particulièrement au Québec.
Selon une étude commandée par Bombardier, ses activités auraient contribué à hauteur de 7,4 milliards de dollars canadiens au PIB du Canada en 2024.
Le groupe figure aussi parmi les principaux employeurs du secteur manufacturier québécois.
La Première ministre du Québec, Christine Fréchette, a qualifié Bombardier de source de fierté pour la province et de fleuron de son économie. Elle a indiqué avoir échangé avec le PDG de l’entreprise, Éric Martel, afin de lui assurer le soutien de son gouvernement.
Concernant les déclarations de Donald Trump, elle a toutefois appelé à ne pas répondre à la provocation par une autre provocation, tout en affirmant que le Québec ne laisserait personne lui dicter où ses entreprises doivent produire pour accéder à un marché.
Les tensions commerciales s’intensifient
La menace contre Bombardier intervient alors que les négociations commerciales entre les deux pays sont dans l’impasse.
Les discussions avaient échoué à la fin du mois dernier après le retrait du Canada de la table des négociations. Washington a ensuite imposé de nouveaux droits de douane de 50 % sur plusieurs catégories de produits canadiens.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a dénoncé des conditions américaines jugées injustes et économiquement défavorables. De leur côté, des responsables américains l’ont accusé d’avoir refusé un accord pour des raisons politiques, en raison de l’impopularité de Donald Trump au Canada, ce que le gouvernement canadien a rejeté.
La menace visant Bombardier ajoute ainsi une nouvelle dimension au conflit commercial. Elle pourrait également mettre sous pression une entreprise profondément intégrée aux économies canadienne et américaine, dont les activités et les emplois dépendent largement des deux marchés.
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