Indonésie : l’éruption d’un volcan laisse plus de 340 000 passagers bloqués

MOHAMED YAZID BENNOUNAIl y a 1 heureDernière mise à jour :
Indonésie : l’éruption d’un volcan laisse plus de 340 000 passagers bloqués

L’éruption de l’Anak Krakatau, en Indonésie, continue de perturber fortement le trafic aérien. Plus de 340 000 passagers se retrouvent bloqués après l’annulation ou la perturbation de près de 3 000 vols, tandis que plusieurs aéroports ont prolongé leur fermeture en raison de la présence de cendres volcaniques dans l’espace aérien.

Situé dans le détroit de la Sonde, entre les îles de Java et de Sumatra, le volcan est entré en éruption vendredi soir, projetant des fontaines de lave et d’importantes quantités de cendres.

Les principaux aéroports de Jakarta restent fermés

L’aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta devait reprendre progressivement ses activités lundi, mais les autorités ont finalement décidé de maintenir sa fermeture en raison de la présence persistante de cendres volcaniques à proximité de son espace aérien.

La reprise des vols est désormais prévue à 23h59 lundi, sous réserve de l’évolution des conditions.

L’aéroport de Halim Perdanakusuma, qui accueille notamment des vols civils et militaires, doit également rester fermé jusqu’à cette échéance.

Dans les halls de départ de Soekarno-Hatta, de longues files d’attente se sont formées. De nombreux voyageurs cherchent à obtenir des informations, modifier leurs réservations ou demander le remboursement de leurs billets.

Des voyageurs contraints de revoir leurs plans

La situation provoque d’importantes difficultés pour les voyageurs.

Certains passagers ont dû chercher des itinéraires alternatifs pour rejoindre Jakarta, tandis que d’autres se retrouvent contraints de prolonger leur séjour en Indonésie.

Un couple malaisien récemment marié, qui venait de passer une semaine à Bali, a notamment appris que son prochain vol pour Kuala Lumpur ne serait disponible que plusieurs jours plus tard.

D’autres voyageurs ont également dû abandonner certaines activités prévues dans les régions proches du volcan. Des organisations présentes dans la région ont notamment renoncé à des séjours dans le parc national d’Ujung Kulon, après le relèvement du niveau d’alerte autour de l’Anak Krakatau.

Une activité volcanique toujours importante

Les autorités indonésiennes restent particulièrement vigilantes face à l’évolution de l’éruption.

L’Agence géologique du pays a averti que la probabilité de nouvelles éruptions demeurait élevée dans les prochaines périodes.

Les cendres volcaniques ont atteint environ 6 000 mètres d’altitude du côté de Java et jusqu’à 15 000 mètres au-dessus de certaines zones de Sumatra et de la province de Banten.

Une nouvelle éruption a notamment été enregistrée dimanche soir.

Les conditions météorologiques rendent toutefois difficile toute prévision précise de l’évolution du phénomène. Les autorités surveillent donc régulièrement la dispersion des cendres afin d’évaluer les risques pour le trafic aérien.

Une zone d’exclusion autour du volcan

Les autorités ont interdit toute approche ou activité dans un rayon de 3 kilomètres autour du cratère actif.

Une zone d’exclusion similaire a été instaurée pour les navires circulant dans le détroit de la Sonde.

Aucune alerte au tsunami n’a cependant été émise en lien avec l’activité récente du volcan.

L’ombre du Krakatoa

L’Anak Krakatau, dont le nom signifie « enfant du Krakatoa », est apparu au début du XXe siècle dans la caldeira formée après l’éruption catastrophique du Krakatoa en 1883.

Le volcan est régulièrement actif depuis plusieurs décennies.

En décembre 2018, l’effondrement d’une partie de l’Anak Krakatau avait provoqué un tsunami meurtrier sur les côtes de Java et de Sumatra. Plus de 400 personnes avaient perdu la vie et des milliers d’autres avaient été déplacées ou blessées.

La situation actuelle rappelle ainsi la vulnérabilité de cette région, située au cœur de la ceinture de feu du Pacifique, une zone caractérisée par une forte activité volcanique et sismique.

Pour les autorités indonésiennes, la priorité reste désormais de surveiller l’évolution de l’éruption et la dispersion des cendres afin de déterminer quand les conditions permettront une reprise normale du trafic aérien.

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